Project Description

En 1889, le chemin de fer arrive à Jouques. Avant cette date, les transports sur route sont assurés par les attelages à chevaux (pas de vitesses élevées, pas de transports de marchandises en masse, confort douteux pour les voyageurs).

Alors que la ville de Marseille est reliée à Paris dès 1857, le tracé vers l’Italie est déjà à l’étude depuis 1853 (jusqu’en 1860, la frontière avec ce pays est formée par le Var).

Naissance d’une ligne de chemin de fer :

gare_vueGenerale_teaserComme aujourd’hui pour la ligne T.G.V., il y a les partisans d’une ligne suivant la côte et les partisans favorables à une ligne par l’intérieur. C’est le premier tracé qui a été retenu.

La Compagnie des chemins de Fer du Sud de la France (S.F.) se charge de construire plusieurs lignes à voie étroite dans le sud-est de la France, dont la ligne qui passera par Jouques :

Meyrargues – Draguignan – Grasse.

D’après un témoignage de Madame Zambon, le premier train d’essai rentre en gare le 18 novembre 1888.
Le 28 janvier 1889, la ligne Meyrargues – Draguignan est ouverte au Public. L’inauguration a lieu le 22 mars 1889.

A l’ouverture de la ligne, Sud France dispose de locomotives à vapeur, peintes en vert et noir à tender séparé (wagon couplé à la locomotive destiné à transporter l’eau et le charbon pour son fonctionnement).

Au début de l’exploitation, le trajet de Jouques à Meyrargues est parcouru en 20 minutes. Dans la direction opposée, en prenant le train à 8h25 du matin à Jouques, le voyageur arrive à Nice à 19h. Lors du retour le lendemain, il arrive à Jouques à 16h20, le départ de Nice étant à 6 heures du matin…

Le temps de voyage sur ces lignes n’a d’ailleurs pas grande importance, personne ne songe à parcourir la ligne dans sa totalité. Elles remplissent plutôt un rôle local, les voyageurs effectuant généralement des petits trajets.

Évolution de la ligne :

A Partir de 1925, la compagnie change de nom et devient la Compagnie des chemins de Fer de la Provence (C.P.) à cause de difficultés financières. La crise économique de 1930 entraîne l’arrêt de l’exploitation de la ligne Meyrargues – Grasse, le 14 juillet 1933.

La compagnie ayant épuisé tous ses moyens financiers, le 17 juillet suivant, le service reprend sous l’administration du séquestre jusqu’à la fermeture de la ligne en 1950. La ligne sera déferrée en 1951. Cette suppression s’inscrit dans un contexte général, qui est défavorable aux chemins de fer et aux tramways.

La concurrence des autocars grandit de mois en mois et l’automobile a commencé à envahir nos campagnes.

Le train des Pignes :

Différentes interprétations ont été données de ce nom : pour certains, le train roulait tellement lentement que les voyageurs pouvaient descendre faire provision de pommes de pin, pour d’autres, il fallait parfois alimenter en pommes de pin la chaudière du train à court de charbon…

Ce qu’il en reste aujourd’hui en 2011 :

Les témoignages de l’existence du chemin de fer sont encore nombreux à Jouques. L’ancien tunnel se situe au niveau de l’actuel local des services techniques et aboutit à la Burlière.

Les maisonnettes des gardes-barrières, au nombre de quatre, sont d’autres témoins :

  • La première se situe cent mètres après le chemin de Saint Jean des Gardis,
  • La deuxième sur l’avenue de la gare à côté de l’école maternelle,
  • La troisième, au bout du chemin de la Palunette (près du Pont de Fabre) ,
  • Enfin la dernière, à la limite du département du Var, à l’endroit où le chemin de fer s’engouffrait dans une tranchée toujours existante.

En dernier lieu, pour étayer nos connaissances, citons le dernier chef de la gare de Jouques, Marie-Rose Magne.

Extraits du livre de Jouques.