Project Description

Antoine Sartorio

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Quel émerveillement de découvrir l’atelier d’Antoine Sartorio, sculpteur de renommée internationale.

Arrivée à Jouques

En 1921, il achète l’ancienne résidence d’été des archevêques d’Aix en Provence, laquelle surplombe le village et le Grand Pré de Jouques.

C’est en découvrant la majestueuse cheminée à la lumière d’une torche, que Sartorio décide de s’en porter acquéreur. Cette dernière est aujourd’hui classée, ainsi que les escaliers et les arcades à l’extérieur. La bâtisse est inscrite aux monuments historiques.

Il restaure cette demeure dans laquelle il installe son atelier en perçant la toiture, ce qui lui apporte une belle lumière zénithale, nécessaire à la réalisation de ses œuvres.

Sa vie

sartorio_bas-reliefC’est à Menton que naît Antoine Sartorio le 27 janvier 1885.

Très jeune, à partir de 5 ans, il vit avec ses parents au Brésil et c’est très tôt qu’il se révèle particulièrement doué pour le modelage et le dessin.

À seize ans il revient en France pour y suivre des études artistiques à l’école des Beaux-Arts de Marseille. Il réussit le concours triennal, en 1909. A l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, il obtient ses deux premiers prix en 1911 et 1913 et il est l’élève d’Injalbert.

Son mariage en 1912 avec Augusta Boëry, l’empêche de recevoir le prix de Rome, car pour entrer à la Villa Médicis, à cette époque, il fallait être célibataire.

Il se liera d’amitié avec deux élèves architectes qui le suivront longtemps et avec qui il partagera un atelier : Gaston Castel et Paul Tournon.

Par la suite, un ami peintre, Augustin Carrerra, les rejoindra et naîtra l’Agence des Trois Arts à Paris : peinture, architecture et sculpture. Les quatre amis sont animés par la même passion pour leur métier respectif mais la Grande Guerre va vite anéantir leurs projets.

Il part au front en 1914 et reste deux ans en première ligne. Il réalise plusieurs sculptures directement taillées dans le grès des Vosges, et laisse des femmes dans le secteur de Senonce et un grand bas-relief à la gloire de son régiment à Pierre-Percée.

C’est au cours de 1920 qu’il découvre Jouques. Le peintre Gustave Salgé avait dessiné le Monument aux Morts du village où se dresse un poilu, dont le plâtre est visible au musée. Le sculpteur attitré venant de décéder, Salgé demande à son ami Sartorio de créer la sculpture.

Un art architectural

L’œuvre d’Antoine Sartorio intéresse surtout la période entre deux guerres. Il incarne parfaitement ces artistes des années trente qui sont épris d’art monumental et qui travaillent en étroite collaboration avec les architectes.

Ses recherches se font toujours sur le plan de l’architecture et de la symbolique. Son style Art-déco allie des lignes très pures et des volumes qui évoluent vers la géométrisation.

La ville de Menton lui doit son monument aux morts de la guerre 14-18 ainsi que le bas relief décorant la façade du palais de justice.

À l’âge de 80 ans, Antoine Sartorio se consacre à la restauration de la cathédrale de Reims où on lui confie la frise commémorant le baptême de Clovis.

C’est en 1966 qu’il se retire à Jouques et y fait transférer son atelier parisien, aujourd’hui conservé en l’état, fidèle témoin de son talent. Celui-ci peut se visiter lors des journées du patrimoine. D’une longévité exceptionnelle, il décède à Jouques en 1988, à l’âge de 103 ans.

Son oeuvre à Jouques

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Attention : L’atelier d’Antoine Sartorio, actuel Archevêché, ne se visite que lors des Journées du Patrimoine.

  • Le monument aux morts de la ville, conçu par Gustave Salgé est sculpté par Antoine Sartorio en 1921
  • Les effigies du pont de Mirabeau. Enjambant la Durance, celui-ci se situe à la frontière des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Var et des Alpes de Haute-Provence. Reconstruit en 1935, Antoine Sartorio réalise sur les piles, les effigies des quatre départements.

    Chacune étant orientée vers l’entité qu’elle illustre. À la création du nouveau pont en 1990, on conservera les effigies en les plaçant à proximité sur un rond-point.

Afin de mieux connaître Antoine Sartorio et son œuvre, un livre paru en 1996, est en vente au musée rural et d’histoire locale de Jouques.

Son oeuvre dans le monde

sartorio_afrique_250x166Présent aux grandes expositions internationales de Paris en 1925, 1931 et 1937, il exerce surtout son talent sur de grands chantiers contemporains.
Les principaux sont :

  • 1921 : Le Monument aux Morts de Jouques, conçu par Gustave Salgé est sculpté par Antoine Sartorio en 1921
  • 1922 : Monument pour le centenaire du Brésil, à Santos (Castel, architecte)
  • 1924 : Attique de l’opéra de Marseille (Castel, Ébrard et Raymond, architectes)
  • 1927 : Monument national aux héros de l’Armée d’Orient et des Terres Lointaines de Marseille (Castel, architecte)
  • 1929 : Façade du palais de la Méditerranée à Nice (Delmas, architecte)
  • 1933 : Façade du palais de justice de Marseille (Castel, architecte)
  • 1935 : Les Effigies du pont de Mirabeau représentant les quatre départements (Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var et Alpes de Haute-Provence)
  • 1937 : Bas-relief : l’Afrique, sur le mur extérieur du palais de Chaillot à Paris
  • 1938 : Monument au roi Alexandre 1er de Yougoslavie et à Louis Barthoux à Marseille (Castel, architecte)

Avec l’aimable autorisation de Violaine Ménard-Kiener, petite fille d’Antoine Sartorio et Florence Vuillard.