Un témoignage touchant d’une époque de l’histoire de Jouques, commune rurale au 14ème siècle.

Au 39 rue Grande, existe une habitation qui date du 18ème siècle.

Elle est bâtie sur les ruines d’une maison de la fin du 16ème et du début du 17ème.

En 1980, suite à la décision d’aménager une cave, le propriétaire découvre en son sous-sol, plusieurs excavations. Il faut peu de temps pour identifier celles-ci et reconnaître qu’il s’agit de silos à grains datant, eux, du 14ème siècle.

Reportons nous donc à cette période…

Le village actuel n’existe pas encore, il est situé plus haut, sur le plateau qui le domine aujourd’hui; il est cerné de falaises naturelles et de remparts. Juste au dessous et au sud de ces remparts, existe une aire constituée de couches de safre (mélange de sable et d’argile, donc relativement friable) épaisse de plusieurs mètres, et s’étendant sur plus d’un hectare.

Sur cette surface, 21 excavations de ce type ont pu être identifiées, dans un premier temps au niveau du village disparu.

Un peu plus bas dans le village actuel, on peut évaluer leur nombre à 115 environ… Mais combien pouvait-il y avoir de silos à Jouques?

Contacts et horaires :

  • Les mercredi de 15h à 17h. Le lieu de la visite vous sera communiqué à la réservation.
  • Les portes sont ouvertes le 3ème mercredi de chaque mois d’octobre à juin, ainsi qu’aux Journées du patrimoine.
  • Les réservations pour les visites se font à l’office de tourisme :

    Tél ou fax : 04 42 63 75 04
    Mail : tourisme@jouques.fr

Le silo : citerne de stockage

Le rôle du silo dans le protection des récoltes est connu depuis la préhistoire; il est encore utilisé aujourd’hui dans les grands ensembles de stockage modernes. À l’époque, l’ensilage dans ces “citernes” de roches permettait le remisage dans un endroit frais, à l’abri de l’air et de la lumière; il laissait espérer la conservation des céréales pendant plusieurs années.

Les récoltes étaient fractionnées en plusieurs parts afin de répartir les risques de destruction par le feu, la vermine et le pourrissement, tout en permettant de les dissimuler aux pillards et brigands. La lutte contre la famine s’organisait ainsi par consommation directe, échange et commerce.

Outre l’orge, le seigle, le blé et l’avoine, certains silos ont été affectés à un usage secondaire; par exemple, à l’intérieur de l’un d’eux il a été retrouvé des œufs de poules placés dans une couche de cendre épaisse de 5 centimètres. D’autres ont pu être délaissés par souci d’hygiène ou à cause des infiltrations d’eau.

Tous n’ont d’ailleurs pas été en “service” en même temps. Au cours du 14ème siècle, l’usage de certains commençait alors que d’autres étaient abandonnés et comblés.

Le volume des silos varie de 1 à 7 m³, ils ont des formes diverses : simple alvéole ovoïde, en forme de bouteille ou encore de potiche classique. Ils étaient creusés par le dessus dans un sol rocheux. On pouvait y descendre par un trou d’homme de 40 cm de diamètre à l’aide d’une courte échelle; ils étaient obturés par un couvercle de pierre d’un diamètre de 50 cm qui venait se loger dans une feuillure circulaire.

Fin du silo et résultat des fouilles

À la fin du 14ème siècle, on constate que l’usage du silo a été remplacé par un autre mode d’engrangement dont on n’a retrouvé aucune trace. Ce changement d’habitude a peut-être été la conséquence de l’instauration d’une période moins agitée et plus paisible sur le plan politique et militaire.

L’état de conservation des silos du 39 de la rue Grande est parfait; malgré la construction successive , au dessus de leur emplacement, de maisons d’habitation. Le sol est resté providentiellement préservé; les cols des silos et les feuillures sont tout à fait visibles.

La fouille systématique de ces silos sur une période de quatorze ans, a permis de retirer du sol un nombre considérable d’information sur la vie quotidienne à Jouques au 14ème siècle, à partir de débris divers : poteries, verres, ossements d’origine alimentaire, métaux, pierres travaillées… retrouvés au milieu des gravats.

Il s’est donc constitué une collection d’objets très intéressants dont une des plus belle pièce fût exhumée en juillet 1986 :

Il s’agit d’une coupelle de verre à décors de filets bleus datant de la première moitié du 14ème siècle. Cette coupelle servait de lampe à huile suspendue. Il est bon à noter à ce propos, que le verre médiéval était d’une extrême finesse (1m/m environ) – Yves Meyer.

Jouques : un trésor d’histoire médiévale, la présence de silos à grains en témoignage

Situé non loin du musée rural d’histoire locale, c’est un véritable petit musée privé que vous êtes invités à visiter : en effet, non seulement vous pourrez découvrir les silos, mais également tous les objets qui ont été exhumés au cours des fouilles minutieuses et que le propriétaire des lieux a su mettre en valeur.

Les visites sont commentées et gratuites. La structure peut accueillir jusqu’à une vingtaine de personnes. Que vous soyez un groupe de visiteurs ou simplement de passage, que vous soyez encore à l’école ou que vous désiriez vous transporter dans l’histoire, cette visite satisfera votre curiosité